Les tournées de la patronne
En trois tournées mondiales, NOTRE Patricia Kaas a vu du pays. Et raconte ses drôles d'histoires....
La patronne, c'est le diminutif de Patricia pour ses amis russes. Patricia Kaas passe en moyenne 250 jours par an en tournée "La Russie, la Corée, le Vietnam ou le Kazakstan, explique la chanteuse, ce ne sont pas des pays où je vais pour vendre des disques puisqu'ils sont piratés, ni mêmepour gagner de l'argent parce que faire voyager un spectacle commele mien représnte un gros investissement. Ce n'est mêmepas pour faire du tourisme parce que je n'ai pas le temps de visiter sauf quand je fais une émission de télévision parce qu'on me filme dans des décors naturels. J'y vais parce que j'ai la possibilité de leur faire oublier leurs problèmes pendant deux heures." L'exgamine de Forbach a chanté son blues sous toutes les latitudes et rapporté de ses voyages des brassées de souvenirs.
PRINCESSE D'ALMA-ALTA
"Les Kazakhs ont rarement l'occasion de voir des artistes européens. Quand j'y suis allée, ce n'était pas un spéctacle complet, je n'ai chanté que six chansons, mais ils étaient si content que quelqu'un vienne les voir que les autorités de la capitale, Alma-Ata, m'ont décerné le titre honorifique de princesse. Il y a eu une petite cérémonie, ils m'ont habillé d'une robe et d'une coiffe qu'ils avaient fait confectionner spécialement, ils m'avaient mis des bracelets partout et le petit point rouge sur le front. On m'aaussi emmenée dans un musée où l'on m'a dit: "Tout ce que tu vois ici, tu peux le prendre!" J'étais génée, j'ai pris deux ou trois petites choses, dont une petite statuette. Ce qui m'a vraiment surprise c'est que les Kazaks chantaient Mon mecà moi pendant le concert.
APPARATCHIKS, AI AI AI
"En Russie, les concerts avaient lieu dans des salles plus grandes que Bercy. Il y a toujours un grand carré d'officiels juste au pieds de la scène alors que le public "normal" est relégué au fond. Là, je sentais que le public derrière, était complètement déchaîné et j'avais sous les yeux cet énorme carré de VIP inertes!! J'ai donc fait arrêter la musique et j'ai dit: "Il paraît que les VIP ne bougent jamais. Montrez moi que c'est faux..." C'étaient des ministres, des généraux, et leurs gardes du corps savaientpertinemment qu'ils feraient d'excellentes cibles quand ils seraient debout. Ils se sont pourtant levés, ils se sont regardés les uns les autres, se sont mis à bouger un petit peu et, au bout de même pas une minute, ils se sont rassis. Moi, j'ai fait de nouveau arrêter la musique et j'ai dit: "C'est tout?" Cela m'a un peu énervée, je suis descendue dans la salle et j'ai fini le concert dans leur dos, devant le vrai public. Le lendemain, j'ai demandé que les VIP soient assis ailleurs et ça n'a pas du tout plu. Ils voulaient même annuler mon spectacle... On a trouvé la solution en installant les officiels un peu sur les cotés et en laissant un accès à la scène pour le vrai public."
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RUSSE DANS LE TEXTE "Sur la dernière tournée, j'avais l'intension de chanter une chanson en russe. Alors que j'étais encore en Francej'ai demandé qu'on me fasse parvenir une cassette, mais quand je l'ai écoutée je me suis dit: "Oublie, c'est trop compliqué!" Mais à Moscou, dès la première conférence de presse, des journalistes m'ont dit: "On sait que vous avez une surprise pour nous. Ce soir vous allez chanter une chanson en russe!" Je n'avais plus le choix. Donc avant le concert, dans la loge, j'ai écrit en phonétique les paroles de la chanson Les yeux noirs et je suis rentrée sur scène avec ce morceau de papier et cette chanson que je n'avais jamais répétée! Je tremblais, ce qui m'arrive rarement. J'ai commencé avec des "la la la" et quand j'ai chanté les paroles le public s'est déchaîné! "Les russes sont des gens vraiment étonnants. Ils n'ont pas d'argent, mais je crois que je n'ai jamais été autant couverte de roses que dans ce pays." AU COEUR DE L'ARMEE ROUGE "Un photographe voulait me faire poser allongée, portée par des soldats russes. Quand ils se sont rendu compte que forcément, il y en aurait eu un ou deux qui devaient toucher certaines parties de mon corps, ils étaient gênés et personne n'osait. C'est sûr que quand tu es couchée, il faut que quelqu'un mette sa main sur ta hanche, presque sur ta fesse, parce que c'est là que ça repose... Mais ils gardaient tous les poings fermés, et moi, je me senytais tomber! C'était à mourir de rire: aucun d'eux ne voulait poser ses mains près de mes cuisses! Ils étaient tout rouges. Il a fallu que ce soit leur chef qui leur donne l'ordre de le faire! L'un d'entre eux s'est sacrifié et on a eu finalement notre photo! J'ai tellement de succès en Russie que je ne pouvais plus marcher tranquillement dans la rue, les gens s'agglutinaient autour de moi. Mais quand je leur dis: "doucement", ils se salment. Ils sont fans mais très protecteurs. Même en France où je suis quand même plus connue, ça ne se passe pas comme ça!" LA VODKA DU DIABLE Patricia avait réussi à traverser toute la Russie sans boire une goute de vodka. Jusqu'au dernier soir.... "Moi, je ne bois jamais, mais les organisateurs russes m'ont dit : "Patronne, là, t'as pas d'excuses, tu chantes pas demain, tu bois un vere avec nous!" Je me suis pincée le nez et j'ai bu une vodka avec eux. Alors mon équipe technique et mes musiciens sont venus me voir et m'ont dit: "Tu bois avec eux et tu ne bois pas avec nous!" Du coup, j'ai bu six ou sept vodkas en vingt minutes... Après on est allé dîner, j'étais dans le coma! Je me souviens de l'assiette de poulet et de petits pois qui étaient tout près de mon visage. Je me suis endormie sur l'épaule d'un de mes deux managers, Richard ou Cyril, je ne sais même plus lequel... Quand je me suis réveillée le lendemain à 9 heures, je tremblais de partout. J'ai pris une douche et je me suis rendue compte que ma peau sentait la vodka! C'était il, y a plus de quatre ans, mais, aujourd'hui encore, tu me mets un verre de vodka sous le nez, je supporte pas!" PIRATES ET CONTREBANDES "J'étais surprise que les russes me connaissent autant alors qu'ils n'achètent pas tant que ça mes disques. Alors je me suis fait indiquer une adresse où trouver des cassettes pirates et je suis allée voir comment ils faisaient. Tu descends dans une cave, tu as les pochettes vinyles sur les murs et tu dis: "Je voudrais ce disque là" Ils l'enregistrent, ils photocopient la pochette et tu as l'album! Quand on est rentré de Russie, tout le monde m'avait filé ses boites de caviar pour passer la douane: il y avait toute l'équipe de "Fréquenstar", celle de Télé 7 jours, plus la mienne! Ils se disaient que personne n'oserait me contrôler! Et ils ont eu raison parce que je ne suis même pas passée sous le portique détécteur de métaux." |
CHUTES
ET...... Il m'est aussi arrivé de tomber de scène. C'était sur ma première tournée: j'avais des projecteurs sur l'avant de la scène, trois fans se sont approchés pour me donner des roses, je suis allée vers eux en continuant de faire le show. Il y avait un plein feu, je ne voyais rien, et j'ai senti comme un vide... Heuresement, je suis tombée sur mes deux pieds! Ca m'a fait un peu mal à la cheville, mais comme les gens se sont mis à applaudir, genre "génial, elle saute de scène pour aller chercher les roses", j'ai fait comme si c'était normal. Je suis remontée sur scène et j'ai continué le show, sauf que je me retournais de temps en temps vers mes musiciens pour crier tellement ça me faisait mal!"
.....STRIP-TEASE "Sur une autre tournée, à n moment du show, j'arrache ma chemise et je me retrouve en soutien-gorge à paillettes. Un soir au Zénith, une bretelle a craqué. J'ai fini la chanson avec le bras replié et la main sur le cou. Personne ne s'est rendu compte de rien, et puis je suis retournée en coulisses en disant: "Merde, le soutient gorge a pété!" J'avais oublié que le micro était ouvert et toute la salle m'a entendue!"
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RAYON INTERDIT
"Avant d'entrer en scène quand il y a un rideau, je vais regarder comment est le public. Au Japon, tu ne vois pas les spéctateurs, tu vois leurs journaux. Comme s'il n'y avait que des hommes d'affaire dans la salle! Ensuite quand la lumière s'étaint, normalement les gens applaudissent. Au Japon, rien! Ils sont si disciplinés et ils ont tellement peur de gêner qu'ils attendaient que ce soit moi qui les invite à se lever, à bouger, à danser... Par contre, dès qu'ils ont reçu l'autorisation, ils se lachent, ils montent carrément sur les chaises avec leur costume et tout!
Le jour où j'ai voulu m'acheter des collants dans un grand magasin, j'ai mis un bon moment à convaincre mon interprête, un homme, de m'accompagner parce que les collants se trouvaient dans le rayon lingerie, interdit aux messieurs. J'avais vraiment besoin de lui pour expliquer ce que je voulais, il a fini par venir mais en tremblant et en baissant les yeux. Comment font ils quand ils veulent offrir de la lingerie à leurs femmes?"
VIETNAM TORRIDE
"Pour ma série deconcerts au Vietnam, on m'avait prévenue de ne pas m'habiller trop sexy. J'avais donc choisi une robe longue en maille beige, mais je n'avais pas prévu que l'humidité la rendrait collante et quasi transparente. Au bout de deux chansons, ma robe était devenue une vraie provocation, devant dix mille personnes, surtout des garçons. C'est quand même un pays où on m'a demandé pourquoi je n'étais pas encore mariée-à l'époque j'avais 27 ans; pour eux, j'étais une vieille fille. Au Japon, par contre, ils adorent tout ce qui est sexy. J'avais un jeu de scène où j'arrachais ma chemise- en fait elle était fixée derrière avec un scrach- et je me retrouvais en soutient gorge à paillettes. Là c'était vraiment la folie dans la salle!"